192 pages 24 x 27 cm
130 illustrations en couleurs
Couverture reliée cartonnée
Prix : 39 €
ISBN 978-2-35278-029-8
Code Sodis 718552 8
Par Sophie Massalovitch et Jean-Marie Boëlle
Photographies de Matev Lenarcic et Bogdan Kladnik
Cet ouvrage, le premier beau livre sur la Slovénie en langue française, met en lumière les mille et une richesses de cet état, fier d’une identité nationale chèrement acquise, dont les diverses facettes s’opposent et se complètent à la fois. Il apparaît comme l’un des derniers paradis naturels du Vieux Continent; c’est le réceptacle de toutes les cultures.
Sait-on que la Slovénie s’inscrit parmi les pays les plus giboyeux d’Europe et que la moitié de son territoire est couverte de forêts ? Qu’elle possède des milliers de grottes ? Que son littoral, bercé par l’Adriatique, brille de tous les attraits de la Riviera ? Que le nom de sa capitale baroque, Ljubljana, signifie la « bien-aimée » en langue slovène ?
Entouré par l’Italie, l’Autriche, l’Autriche, la Croatie et la Hongrie, ce petit état d’à peine deux millions d’habitants compte parmi les membres de l’Union Européenne depuis le 1er mai 2004. Il a adopté l’euro le 1er janvier 2007, et, plus que jamais, témoigne d’un dynamisme économique peu commun.
Par sa position géographique, la Slovénie apparaît comme un lieu de passage obligé, à la rencontre de la Méditerranée et de l’Europe centrale, au confluent des climats, des formations géologiques et des influences les plus variées.
Sophie Massalovitch, journaliste reconnue en matière de tourisme et collaboratrice de divers magazines féminins, est une grande spécialiste de l’Europe centrale. Son approche et sa compréhension du sujet sont autant appréciées dans la presse que dans l’édition. Elle nourrit, depuis toujours, une véritable passion pour la Slovénie, une destination qu’elle connaît sur le bout de sa plume.
Jean-Marie Boëlle. De formation littéraire et de tempérament voyageur, Jean-Marie Boëlle, journaliste et écrivain, a parcouru le monde pendant plusieurs décennies. De nombreux magazines et journaux ont publié ses chroniques et récits de voyage. Fasciné par la beauté naturelle de la Slovénie, il a beaucoup parcouru ce pays enchanteur, un des plus variés du continent européen.

1 L'Europe en miniature - Introduction
2 L'histoire au bout de la langue
3 État des lieux
4 Ljubljana, la capitale rêvée
5 Les Alpes en majesté
6 La féerie karstique
7 Le littoral, les bains de mer de Lilliput
8 À l'est, vers la plaine.
La Slovénie de la douceur de vivre
9 Bibliographie
Lilliputienne, la Slovénie ? Oui et non. En fait, sept fois plus étendue que le Luxembourg, elle est loin d'être le plus petit pays d'Europe. Son territoire couvre 20 256 km², soit la moitié de la Suisse. Sa population, elle, dépasse à peine les deux millions d'habitants. Depuis le 1er mai 2004, l'État slovène compte parmi les membres de l'Union Européenne. Pourtant, ses habitants sont régulièrement confondus avec ceux de la Slovaquie (sud-est de l'ex-Tchécoslovaquie) ou de la Slavonie (est de la Croatie). À leur grand désespoir ! Jusqu'au début du XXe siècle, l'appellation « Slovénie » n'a jamais été usitée. La description des territoires slovènes figurait dans les atlas sous les noms de Carinthie, Styrie et Carniole, trois duchés héréditaires de l'empire des Habsbourg. En fait, jusqu'à leur indépendance arrachée le 25 juin 1991, les Slovènes n'avaient jamais possédé leur propre État. En 1781, le poète Valentin Vodnik a décrit l'espace national dans une strophe de Zadovolnji Kranjec restée célèbre :
« Des confins croates
Me vient le soleil,
Puis dans les vignes italiennes
Outre-mont il se couche,
De la mer vénitienne
Le Sud fait ruisseler mon front,
De Styrie part la brise
Qui vient me rafraîchir. »
On retrouve, aujourd'hui, ces mêmes voisins répartis aux quatre points cardinaux du pays : à l'est la Croatie, à l'ouest l'Italie, l'Adriatique au sud et l'Autriche au nord. Il convient d'ajouter la Hongrie au nord-est. Par sa position géographique, la Slovénie apparaît comme un lieu de passage obligé, à la rencontre de la Méditerranée et du Danube, de l'Europe centrale et des Balkans, au confluent des climats, des formations géologiques et des influences les plus variés. Avec raison, les Slovènes comparent volontiers leur territoire à une Europe en miniature, dans laquelle les régions s'opposent et s'épousent à la fois : « En deux heures de route, on atteint les bords de la Méditerranée, ou bien les pistes de ski alpines, ou bien la grande plaine d'Europe centrale. »

Avec leurs forêts si épaisses et leurs lacs de montagne si limpides, les Alpes slovènes distillent des brumes mystérieuses qui nous donnent la légèreté des voyageurs sans bagages. Cette région de contes et légendes apparaît comme une sorte de synthèse entre l'Autriche et la Norvège, inquiétante avec ses arêtes vives, apaisante avec ses pentes fleuries. Deux sommets règnent sur elle : le Triglav (2 864 m) et la Skrlatica (2 740 m). La notoriété du premier n'a rien à envier à celle du Mont-Blanc. Il offre une vue « jusque bien loin dans l'Adriatique », et ce n'est pas son moindre attrait. Selon la tradition, le Triglav serait un dieu à trois têtes, d'où son nom. Il veillerait à la fois sur le ciel, la terre et l'enfer. Sa première ascension eut lieu en 1778. Menée par quatre hommes, l'expédition avait été soutenue par le baron Ziga Zois, un mécène local (1747-1819). Un siècle plus tard naissait le premier club alpin slovène. Il prit le nom de Triglavski Prijatelji : « Les Amis du Triglav ».
Avec ses 83 807 hectares, le parc national du Triglav, qui abrite une des dernières forêts primaires d'Europe, constitue le plus grand domaine protégé du pays. Il s'étend sur la quasi-totalité des Alpes juliennes, dont il résume toutes les grâces. Crêtes et vallées, gorges et cascades, bois sombres et prairies enchanteresses : c'est la montagne en majesté. Des rivières bondissantes, considérées comme les plus pures du massif alpin, y prennent leur source, comme la Sava et la Soca. Et presque tous les grands lacs glaciaires slovènes sont situés sur son territoire, tels les lacs de Bohinj, de Krn ou de Triglav. D'où son surnom de Parc des sept lacs ».
Ci-contre : Le Triglav, avec ses 2 864 m d'altitude, est le Mont-Blanc de la Slovénie. Sa silhouette en fer de lance se dessine nettement dans le ciel. Il attire tous ceux qui aiment la montagne : ils regardent sans cesse son sommet et rêvent de le gravir.

Tromostovje, les Trois Ponts, enjambe avec élégance la Ljubljanica. C'est Joze Plecnik qui a imaginé, dans les années trente, les deux passerelles qui encadrent le vieux pont et mènent les piétons sur la rive opposée.
Perché à 100 m de hauteur, le château de Predjama frappe l'imagination : il prend appui, à flanc de montagne, sur une énorme grotte. Un réseau complexe de galeries souterraines ont permis aux seigneurs des lieux de déjouer bien des sièges.
Au sud de Ljubljana et de la passe de Postojna se dessine un paysage très particulier : le Karst slovène, ou Kras, un causse où l'abrasion, le taraudage du calcaire sont poussés à leur paroxysme. Son nom signifie « champ de pierre ». Les géographes désignent ainsi un type de relief créé par l'érosion, qui dessine de vastes plateaux rocailleux et dénudés qu'entrecoupent de rares vallées. Leurs écrits décrivent « de nombreuses gorges et entonnoirs, crevassés de cavernes et de grottes dans lesquelles les eaux courantes disparaissent parfois subitement pour reparaître plus loin ». Monde mystérieux et enchanteur, où les parcours souterrains, les labyrinthes féeriques se comptent par milliers. Ceux de Postojna, lit-on, « dispensent de visiter les autres grottes de France et d'Europe, parce qu'elles sont de loin les plus impressionnantes ». Un musée Grévin des ténèbres. Un Scenic Railway aussi : on s'y déplace à bord d'un petit chemin de fer. Ou encore un Luna Park, avec d'innombrables lueurs qui vacillent sur les parois de pierres multicolores. Le calcaire érodé, rongé, dissous, invente, sous terre, un ballet d'ombres et de lumières, composé comme un opéra fantastique.
Ce réseau de cavernes creusé dans la pierre tendre par la rivière Pivka a été découvert au XIXe siècle. Un spéléologue français, Martel, l'a exploré avec minutie, ébloui par cette extraordinaire suite de galeries, rivières et canaux souterrains qui, de stalactites en stalagmites, courent sur plus de trente kilomètres. Très vite, les autorités autrichiennes ont aménagé le site pour la visite. Dès 1911, le Baedeker recommande chaudement à ses lecteurs le Grand Calvaire « qui consiste en débris de colonnes stalactites gigantesques », ou la grotte Kaiser-Ferdinand, qui « a une salle de danse de 47 m de longueur sur 28 de largeur et 14 de hauteur, dans laquelle se donnent les fêtes des grottes ». Aujourd'hui comme hier, les grottes de Postojna suscitent un immense engouement, marquant à jamais la mémoire de leurs visiteurs.
La nature se fait magicienne
Non loin de là, l'austère château de Predjama participe, à sa manière, au phénomène karstique. Bâti au XVIe siècle, il se dresse dans l'anfractuosité d'une grotte, au-dessus d'un vaste gouffre. Le petit village de Cerknica, lui, offre une autre forme géologique insolite : un lac à éclipse. Chaque hiver, l'eau recouvre plusieurs kilomètres carrés de terre. Elle se retire l'été, laissant le champ libre à l'agriculture. Ici, la nature est magicienne. Elle multiplie les phénomènes étranges et cultive les sensations fortes. Aux environs de Planina, la rivière Unec surgit au fond d'un vertigineux canyon, se perd sous des arches calcaires, tourbillonne dans des vasques claires, s'étale dans des prairies verdoyantes, puis, à Skocjan, disparaît soudain au pied d'une impressionnante falaise.

Autre site grandiose, à proximité de Sezana : les grottes de Skocjan, St-Canzian en autrichien. Ouvertes au public en 1885, elles bénéficient d'aménagements beaucoup plus sommaires que celles de Postojna. Elles n'en paraissent que plus mystérieuses et authentiques. La rivière Reka se fraye d'abord un passage à deux gigantesques parois rocheuses avant de disparaître sous terre. Elle ne retrouve l'air libre qu'à proximité de Trieste changeant de nom au passage : de Reka, elle devient Timavo Les plus audacieux descendent au fond du canyon et suivent le cours du torrent jusqu'à ce qu'il emprunte des tunnels puis soit aspiré dans une sorte de siphon titanesque.
Également proche de Sezana, la grotte de Vilenica, elle accueille des visiteurs depuis le XVIIe siècle. À la sauvagerie succède la courtoisie. Sa salle la plus vaste, baptisée « salle des danseurs », est réputée pour son excellente acoustique. Depuis Ie milieu des années quatre-vingt, les écrivains slovènes y convient chaque automne, leurs confrères de l'Europe centrale. La manifestation littéraire se clôt par la remise solennelle, sous les hautes voûtes de la grotte, du grand prix de Vilenica.
Peter Esterhazy et Milan Kundera figurent au rang de ses premiers lauréats. Tous deux ont été hébergés aux haras voisin de Lipica, fondés en 1580 par l'archiduc Charles de Habsbourg. Ils fournissent, aujourd'hui encore, la prestigieuse école d'équitation espagnole de Vienne, les lippizans restant indissociables de l'image même du Cadre Noir autrichien. Les premiers chevaux élevés aux haras impériaux de Lipica venaient d'Espagne. La race des lippizaner, ou lipchitzien, est issue de plusieurs siècles de sélection. À leur naissance, les poulains arborent une robe noire, qui, peu à peu, vire au gris pommelé. À l'âge de huit ans les chevaux sont entièrement blancs. Après la Première Guerre mondiale, les haras furent attribués à l'Italie. En 1945, ils tombèrent dans le giron yougoslave. Étalons et juments furent alors partagés entre l'Autriche, l'Italie et la Yougoslavie.
À ses étrangetés géologiques, le Karst ajoute, soudain épicurien, un des vignobles les plus réputés du pays. Il se concentre essentiellement dans les vallées, coincé entre le plateau et la montagne. Malvoisie, merlot, chardonnay, sauvignon, pinot blanc et gris, cabernet : ses cépages sont célèbres et ses vins assez comparables à ceux de la Vénétie et du Frioul voisins.
Ci-contre : Les grottes de Postojna sont l'une des curiosités du Karst slovène. Pas besoin d'être spéléologue pour les visiter : un chemin de fer miniature permet de traverser les quelque 7 km de galeries et de salles souterraines.
Les Alpes slovènes sont le domaine privilégié des chamois, bouquetins et marmottes, mais aussi des ours et des lynx. Un domaine volontiers partagé l'été avec les randonneurs.