| 24 x 27 cm - 176 pages 80 illustrations en couleurs Couverture reliée cartonnée Prix : 39 € ISBN : 978-2-35278-023-6 |
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Par Jean-Marie Pinçon
À première vue, les artistes ne semblent pas avoir manifesté une passion pour le vin blond cher à Apollinaire. C’est à peine si, de mémoire, l’amateur peut citer quelques œuvres de référence. Pourtant, le champagne n’en inspire pas moins le peintre, le dessinateur ou le graveur. Pour preuve, les quelque soixante œuvres présentées dans cet ouvrage, choisies parmi plus de cent cinquante compositions recensées.
Si aucune date ne fixe précisément la naissance du champagne, il est, dès qu’il apparaît, aussitôt reconnu et apprécié des élites, et il inspire les peintres prompts à exprimer les goûts de leurs commanditaires. Ainsi, en 1735, avec Jean-François de Troy et Nicolas Lancret, le champagne prend place sur les cimaises royales.
Au fil des ans, la place du champagne évolue dans la société. Invariablement, le peintre s’en fait l’écho. Mieux, il devient historiographe. Ses œuvres sont autant de chroniques sur le vin. Parfois, l’énigmatique artiste peut aussi bâtir un rébus. Il nous invite tour à tour à des célébrations religieuses ou profanes. L’œuvre, enfin, rend hommage à la vigne et à ceux qui la travaillent.
Prix Grand Cru des vins de Saumur 2008
Après une carrière de journaliste, qui l’a conduit des informations régionales de l’Union de Reims à la rédaction en chef du service Art de Vivre du Figaro, Jean-Marie Pinçon se consacre désormais à l’écriture.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages pour la plupart centrés sur l’art de vivre et ses acteurs, parmi lesquels Odiot l’orfèvre (Sous le vent, 1990), Nestlé à Noisiel (Nestlé, 1996), Les Aventuriers du champagne Jacquesson & fils (Ediguides, 1998), La France (collectif, National Geographic, 2000-2001), Le Champagne (Volets verts, 2003).
Jean-François de Troy
Le Déjeuner d'huîtres
Introduction
Chapitre 1_Art du champagne
Chapitre 2_Séduction
Chapitre 3_Cœur de fête
Chapitre 4_Ivresse
Chapitre 5_Polissonnerie
Chapitre 6_Célébration
Chapitre 7_Réussite
Chapitre 8_Moi, je
Chapitre 9_Mécénat d’aujourd’hui
Chapitre 10_Vivante nature morte
Chapitre 11_Hommage aux acteurs
Index des artistes cités et des œuvres reproduites
Ouvrages consultés
Remerciements
À première vue, les artistes ne semblent pas avoir montré une passion pour le vin blond cher à Apollinaire. C’est à peine si, de mémoire, l’amateur peut citer quelques œuvres de référence. Pourtant, il n’en est rien. Certes, le bateau, les fleurs et le chien, par exemple, s’invitent plus fréquemment sur la toile. Mais, à l’examen, le champagne n’en inspire pas moins le peintre, le dessinateur ou le graveur ; pour preuve, les quelque soixante œuvres présentées dans cet ouvrage, choisies parmi plus de cent cinquante compositions recensées. De plus, le champagne ne compte que trois centaines d’années d’existence. Si aucune date n’en fixe précisément la naissance, dès qu’il apparaît, aussitôt reconnu et apprécié des monarques et de leurs cours, il inspire les peintres, prompts à exprimer les goûts de leurs commanditaires.
Dès 1735, le champagne prend place aux cimaises royales en compagnie de l’huître, sous le pinceau de Jean-François de Troy. Emboîtant le pas au peintre parisien, Nicolas Lancret allie le nectar des rois au jambon. Ils ne font là que suivre le maître-queux, et indiquent au spectateur attentif que le vin pétillant a si bon caractère qu’il est excellent compagnon de mets fort différents. Déjà. Mais ce message culinaire est loin d’être le seul dans la composition. Le rafraîchissement des bouteilles, la forme des verres, la qualité même de ceux qui partagent ces agapes, sont des signaux indicateurs sur le nectar champenois pour qui sait les interpréter. Tout est là devant les yeux. Aucun langage codé.

Au fil des ans, la place du champagne évolue dans la société. Invariablement, le peintre s’en fait l’écho. Mieux, sans le savoir, l’artiste devient historiographe. Ses œuvres sont autant de chroniques sur le vin. Bavardage de nature morte vaut bien conversation de salon. Parfois, l’énigmatique artiste peut aussi bâtir un rébus. Ainsi, tour à tour, le champagne nous parle de fête simplement gourmande et de l’ivresse, son outrance ; il nous convie à des célébrations religieuses ou profanes, séduit, fait le galant, se dévergonde en compagnie des lorettes, témoigne de réussite sociale ou assure sa propre promotion. À travers lui, enfin, l’artiste rend hommage à la vigne et à ceux qui la travaillent. Éloge mérité.
Peinture, dessin, gravure, sculpture, tapisserie, vitrail, mosaïque, caricature, photographie, cinéma, bande dessinée…, le champagne s’est invité dans toutes les expressions artistiques. À travers ses symboles concrets – flacons, verres –, il est devenu l’objet du tableau. De Manet à Picasso, de Cézanne à Chagall, de Preyer à Krøyer et de Grosz à Sargent, il a fréquenté les chevalets des maîtres du monde entier [
]. Aujourd’hui, l’art contemporain prend le relais et s’inspire de l’éternel sujet. De nombreuses maisons de champagne soutiennent les artistes non plus seulement en acquérant leurs œuvres, mais en les couronnant. Ce parrainage encourage les créateurs et les révèle au public.
Le choix des œuvres présentées ici a donc été fait pour servir au mieux le thème de l’ouvrage : conter l’histoire du champagne à travers les témoignages artistiques de son temps. C’est pourquoi de grands maîtres côtoient des artistes plus obscurs. Mais la recherche d’œuvres mettant en scène le champagne est aussi un jeu enrichissant la connaissance et, par là même, elle accroît le plaisir de dégustation.
Puisse cet ouvrage en donner l’envie !
Le Champagne dans l'Art p. 1 à 29 (pdf : 3,35 Mo)